vendredi 4 août 2017

LE VAGABOND DE TOKYO - TOME 1


LE VAGABOND DE TOKYO

TOME 1: RÉSIDENCE DOKUDAMI

Un manga sur lequel je me suis ruée au détour d'une bib' quand je me suis souvenue que Jérôme avait commenté un jour en être totalement fan.
À l'époque, je pensais qu'il s'agissait de l'histoire d'un pauvre hère que la vie avait quelque peu malmené mais qui, par sa grandeur d'âme (mouahaha, je sais), allait changer le destin de ceux qu'il croisait ou quelque chose comme ça (que je suis naïve parfois, je sais). Certes, je savais que Jérôme était un peu polisson et le "public averti" que ma bib' avait estampillé sur la couverture aurait dû me mettre la puce à l'oreille, et de fait, une fois le manga entre les mains, je m'attendais à quelque chose de plus fou, avec délires et bargerie, mais j'étais loin d'imaginer que ce serait aussi sulfureux et aussi trash.

En fait, pour faire court, Le Vagabond de Tokyo, c'est une série d'épisodes autour de Yoshio Hori, un loser de première qui crèche dans une piaule dans un immeuble pourri (la résidence Dokudami). "Ni job, ni thunes", et pas l'ombre d'un complexe à ce sujet. Il vivote de petits boulots ou de quelques faux bons plans qu'on découvrira au fur et à mesure de la série dont le concept est de livrer au lecteur une "chronique singulière et agitée d'une jeunesse bouleversante, entre plaisirs et mélancolie. Les émotions et les rires doux-amers d'un célibataire en ville."
Ça, c'est un doux euphémisme et une manière poétique (et quand même moqueuse) de présenter les choses. À ce stade, je croyais encore au pauvre hère à la grandeur d'âme, peut-être juste un poil malicieux, genre le petit garçon d'Une sacrée mamie qui aurait grandi (innocence quand tu me tiens).
En fait, là où ça devient olé olé, c'est que notre cher djeuns, il n'a pas de copine non plus. Du coup, hé bien, il s'échauffe vite à la vue des femmes, la bave aux lèvres, et son imagination va bon train. Oui, parce que, hors de question pour lui de jamais conclure. C'est un loser, ne l'oublions pas, et l'auteur tient clairement à ce qu'il le reste (demande de son lectorat oblige).

Comme j'en ai vu d'autres, les premières pages ne m'ont pas arrêtée. Au contraire. Je suis adepte du délire, même sous acides, et du complètement barré. Les histoires de losers m'amusent la plupart du temps, en plus celui-ci devient rapidement terriblement attachant. Je ne suis pas du genre à me scandaliser de nudité à peine masquée et même d'images parfaitement crues. Sous mes bons jours, je peux même m'esclaffer de l'humour pipi-caca.
Mais bon sang, ce manga atteint des sommets auxquels ma résistance au pire n'était pas préparée. J'ai eu des moments beurks bien qu'avertie. Des fois, ça allait franchement loin (ça ne s'arrête même pas à la scatologie). Tellement loin que je ne peux pas en parler ici. J'ai en mémoire l'histoire du fétichiste. OMG !! L'épisode qui m'a fait comprendre que l'auteur était vraiment capable de tout. J'ai adoré son audace et en même temps, je me demandais ce que je tenais entre les mains. Ça m'a beaucoup amusée au début, et puis ça a fini par me lasser un peu (le tome fait près de 400 pages, je n'ai pas compté le nombres d'épisodes mais il doit y en avoir une petite vingtaine) .

J'avais quand même souvent l'impression de lire quelque chose dont je n'étais clairement pas ou plus le public-cible. À une époque (celle où je lisais GTO par exemple), ça m'aurait vraiment fait me bidonner ce genre de manga, mais là, je n'y étais plus (coup de vieux, bonjour). Je ne me retrouve plus dans ces histoires de jeunes (tout court je crois, haha) qui galèrent mais qui savent quand même profiter de la vie et sont heureux d'une certaine manière, dans ces histoires de jeunes oisifs sans ambition, obsédés du sexe façon ado prépubère, mais de manière très crue et lourdingue, qui enchaînent déboires sur déboires, bref, ces histoires qui frisent le vulgaire et l'humour de mauvais goût (hmm tiens, est-ce que je rigolerais encore en regardant "American Pie" ?... Rien n'est moins sûr).

Là où je trouve encore mes repères (mon dieu, on dirait une centenaire qui parle), ce qui explique que j'ai lu ce tome jusqu'au bout, c'est que c'est quand même hautement déjanté et parfaitement assumé, et ça, ça me parle toujours autant. J'adore les auteurs complètement barrés, qui n'ont quasi pas de limite et vont au bout de leurs délires. Il y a une énergie folle là-dedans qui est revigorante, quelque part.
Et puis cet auteur a un grand sens de l'autodérision qui avait tout pour me plaire, ce manga étant largement inspiré de sa vie.
J'ai particulièrement aimé aussi les épisodes vers la fin, où il se met en scène, surtout ceux avec son personnage fictif, sorte de double de l'auteur. Là encore, les vannes étaient lâchées côté délire, et ça, j'adore, et il y avait quelque chose de touchant, comme si l'auteur tombait un peu le masque aussi.

Mon avis Goodreads
"Un ressenti qui va du 2 au 3,5 étoiles, suivant les épisodes. Au début, j'étais même sur un bon 4-4,5, mais sur la longueur, l'amusement du début s'est estompé pour laisser place à une quasi indifférence. C'est un peu toujours la même chose, quoi."

Ceci dit, comme j'ai emprunté le tome 2 à la bib' dans la foulée, confiante dans le fait que ce serait ma came, je me donne encore ce tome pour un avis définitif sur la question du "j'adhère ou pas". Mais je peux dire que je ne ressens aucune urgence de m'y lancer (une légère appréhension même). La suite bientôt.^^
GROS WARNING DE MA BIBLI ^^
L'auteur
Bien que très discret, Takashi Fukutani (1952-2000) est devenu culte au Japon. Ses nouvelles graphiques ont marqué toute une génération japonaise dans les années 1980-1990. Sa série Résidence Dokudami, dessinée de 1980 à 1993 a fait l'objet au Japon de nombreuses parutions dans la presse ou rééditions sous forme d'anthologies et fut adaptée par deux fois au cinéma.

6 commentaires:

  1. Ma bibli n'a pas ce genre de gros warning. (j'ai emprunté Transmetropolitan tome 1, ça envoie pas mal, mais plutôt pour les idées et les dialogues)
    Ma bibli n'a pas ce vagabond (^_^)

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    1. Ah oui, a priori, vraiment rien à voir comme univers, le Vagabond et Transmetropolitan^^ (que je découvre d'ailleurs - effectivement ça a l'air hautement plébiscité ! Faudra que j'y regarde de plus près).
      Pour le warning, c'était dans une bib' en particulier. J'ai vu que cette série était dans deux autres bib' sur Paris, et là, pas de warning. Peut-être que les bibliothécaires n'avaient pas lu ce manga.^^ Je trouve ça pas mal de prévenir que ça ne conviendrait peut-être pas à tous, même si je trouve l'expression "pour public averti" un peu exagérée ici (mais à peine^^).

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  2. "ce manga a atteint des sommets auxquels ma résistance au pire n'était pas préparée" ^^ (j'adore)
    Scatologie, fétichisme, très peu pour moi...
    Je me joins à ton club de centenaire ptdrrrrrr (tu m'fais trooooooop rire :D)))
    GROS bisousssssss c'est jeudi yaouhhhh

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    1. Ohlala, quand je pense que j'ai le tome 2 dans ma PAL, j'ai peur, haha ! Ah le choc quand j'ai réalisé que je n'adhérais plus à certains délires. Enfin, il faut dire qu'il y va fort l'auteur, là ! :-)
      Yep, on est même vendredi là (et même samedi vu que minuit est passé ici^^).
      Big bisoooooouus !

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  3. Je viens de finir le 5ème^^
    Bon je reconnais que c'est très inégal mais je suis toujours aussi fan de ce Buko nippon.
    (dans le 5ème on donne dans la zoophilie, juste pour te dire que le niveau ne s'élève pas au fil des tomes, inutile de faire des illusions^^)

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    1. Et moi je viens de finir le 2è et je pense m'arrêter là.^^ Pourtant, je l'ai trouvé moins trash, et j'ai même trouvé Yoshio plus fréquentable, haha ! Plus touchant aussi quelque part. Et j'ai bien aimé le focus sur ses voisins, leur "amitié". Mais bon, voilà, je pense avoir fait le tour maintenant.^^

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Bon, je modère ou je vous laisse prouver de la façon la plus tordue que vous n'êtes pas un robot ? Je modère, hein ?^^

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